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le passage du milieu
Soirée Synapse
Date : lundi 3 avril 2006 à 18h
Source : Ecole supérieure d'Arts de Rueil Malmaison (
http://www.earueil.com)
01 55 14 47 80 -
synapse@earueil.com
3, rue du Prince Eugène, 92500 Rueil-Malmaison
Accès RER A, Grande Arche de la Défense, puis bus 258 direction Saint Germain-en-Laye. Arrêt le Château
Rubrique : 2005-2006
Rubrique : Dossiers de presse
Rubrique : Evénements
mathieu kleyebe Abonnenc artiste
mathieu.k.abonnenc.jpg (crédits : mathieu.K.Abonnenc / date : 03-04-2006 00:00:00 / )
Légende : Mathieu K. Abonnenc
cayennetram.jpg (crédits : Mathieu k. Abonnenc / titre : Mathieu k. Abonnenc / date : 03-04-2006 00:00:00 / )
Légende : Mathieu K. Abonnenc
Soirée Synapse - lundi 3 avril 2006/18h
Ecole supérieure d'arts de Rueil-Malmaison
mathieu.k.abonnenc2.jpg (crédits : Mathieu k. Abonnenc / titre : Mathieu.K.Abonnenc2.jpg / date : 03-04-2006 00:00:00 / )
du 03/04/2006 00:00 au 03/04/2006 00:00
Salle : Ecole supérieure d'arts de Rueil-Malmaison
3 rue du prince Eugène
01 55 47 14 80
Ecole
RER A, station Rueil-Malmaison, puis bus 244 (arrêt G. Couturier) et 258 (arrêt Château).
Métro 1 / RER A, La Défence, puis bus 258 direction St Germain en Laye (arrêt Château)
Rueil-Malmaison 92500 France (Ile-de-France)
Texte : «
Deux mots ou deux expressions de la langue créole nous éclairent alors. La langue dit Ici-là, sans doute pour élargir en infini d’espace les forces de l’Ici. Elle insiste très souvent, Ici-là minm, Ici-là même, nulle part ailleurs qu’ici qui est pourtant là-bas ou là-haut (d’où le langage créole tirera là-minm, tout de suite, sur-le-champ) comme pour effacer décidément l’opposition entre l’ici et son entourage proche ou lointain. On peut écrire Icilà ou Icila ou Isila».
Edouard Glissant,
La cohée du lamentin, poétique V, éditions Gallimard, 2005.
RessortissantLes oeuvres de Mathieu Kleyebe Abonnenc s’affirment comme des tentatives artistiques de répondre à la question : qu’est-ce qui entre et sort de nos mémoires ? Sur quels systèmes de représentations s’édifient notre civilisation vivante ? Créer pourrait alors s‘apparenter à suivre les traces improbables de l’Histoire et de la Légende afin de rejoindre ce pays natal qui est nôtre,ici et maintenant. Un pays à la fois proche et étranger, lumineux et souterrain, dont nous serions les ressortissants.La référence prédominante de Mathieu Kleyebe Abonnenc à la Guyane, son lieu de naissance indique qu’il revendique le paradoxe de remonter sa propre généalogie au travers d’une vision plus globale. Les obsessions personnelles n’interdisent pas une pensée plus ample de ce qui fonde la société contemporaine. Il s’agit en effet pour lui de substituer l’oeuvre au procès moral de la colonisation et aux discours contradictoires qu’il a pu faire naître, pour en réaliser une symbiose en y impliquant ses convictions, sa sensibilité, ses modes de pensée, tout en conservant une distance crédible. Ce chemin esthétique n’est pas celui de la subordination, il témoigne d’une conscience artistique et politique acérée et rêveuse. Il pose la question de la réappropriation des héritages que sont les vécus singuliers, la mémoire collective et le réel. L’individualité se construit en effet une cohérence sur des cassures intimes, des échanges entre modèles esthétiques, des souvenirs disqualifiés, une part de rêve préfabriqué et une mémoire commune faite de représentations épuisées par le commerce des images.Ce chemin à la recherche d’un temps perdu n’apparaît sur aucune carte. C’est précisément à cet endroit que Mathieu Kleyebe Abonnenc nous emmène. Un conquistador appellerait peut-être les territoires qui l’abritent « le bord du réel ».
D’iCiLe passage du milieu, dernier moment de la trilogie
D’iCi commencée en 2003, se donne comme une dérive à la surface d’un océan indéterminé qui ne serait constitué que des plans de coupes utilisés pour inscrire les fictions hollywoodiennes dans un décor. Décor qui se trasformerait ici en personnage principal.
Le passage du milieu, à l'instar des deux premiers moments de cette trilogie désire immerger le spectateur dans un espace impossible, ou des lambeaux de films seraient rendus cohérents par la seule force du montage. Par une mise en relation d’images que l'on pourrait qualifier de "revenantes" et qui, par leurs agencements ainsi que leurs hétérogénéité, empêchent cette contemplation recherchée pourtant. Comme si l'on assistait à l'effondrement du paysage du fait de sa description. Tout au long de cette dérive au travers de ces décors va naître un espace déceptif déployé par une mise en boucle du temps.L'idée de fond du projet réside dans l'opposition entre la fonction du souvenir, laquelle serait la protection des impressions, et celle de la mémoire qui vise à les détruire.
Il s'agit ici de recréer un temps et un espace qui serait de l'ordre du paysage sensible et intime avec des matériaux appartenant à ce que l'on peut qualifier de mémoire collective de grande consommation. Faire du particulier avec des lieux communs.
D’iCi pourrait être prise comme une manière d’habiter les rêves faits par d’autres afin d’en trouver la sortie.
Le passage du milieu termine ou commence le voyage dans ces espaces, qui en plus d’être des archétypes de paysage, sont aussi des moments fondateurs dans l’Histoire de ce que nous pouvons nommer les Amériques noires. Le passage du milieu est en effet le nom qui a été donné à la traversée de l’océan Atlantique au plus fort du commerce triangulaire, Cayenne fut une des destinations des bateaux-négrier, Le bord du monde étant le nom de la limite cartographique de l'océan Atlantique avant la découverte des Amériques.
Luc Jeand’heur, 2006.
D’iCi :
Le passage du milieu, Cayenne, Le bord du monde, acquisition du Fond Régional d'Art Contemporain Languedoc-Roussillon.
Mots-clés : arts visuels, vidéo, art contemporain
Inséré le : 14/03/2006 10:34