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Rien ne s'efface

Soirée Synapse

Date : Lundi 12 novembre à 18h30

Source : Ecole supérieure d'Arts de Rueil Malmaison (http://www.earueil.com)
01 55 14 47 80 - synapse@earueil.com
3, rue du Prince Eugène, 92500 Rueil-Malmaison
Accès RER A, Grande Arche de la Défense, puis bus 258 direction Saint Germain-en-Laye. Arrêt le Château

Rubrique : 2007-2008

Laetitia Mikles artiste

naomi_kawase.jpg (crédits : 12/11/2007 / date : 12-11-2007 00:00:00 / )
naomi_kawase3.jpg (crédits : ecole d'arts / date : 12-11-2007 00:00:00 / )

du 12/11/2007 00:00 au 12/11/2007 00:00
Salle : Ecole supérieure d'arts de Rueil-Malmaison
3 rue du prince Eugène
01 55 47 14 80
Ecole
RER A, station Rueil-Malmaison, puis bus 244 (arrêt G. Couturier) et 258 (arrêt Château).
Métro 1 / RER A, La Défence, puis bus 258 direction St Germain en Laye (arrêt Château)
Rueil-Malmaison 92500 France (Ile-de-France)




Texte : Rien ne s'efface
Partir d'une rencontre
Tout part d'une rencontre, survenue en avril 2000, à Nyon, en Suisse, avec la jeune réalisatrice japonaise Naomi Kawase. Je venais de suivre, pour la revue de cinéma Positif, le festival « Visions du Réel » et j'ai découvert son cinéma documentaire : un cinéma sensible, intime, terriblement poétique. Elle m'a accordé un entretien et nous avons parlé longtemps de la manière dont elle mêle étroitement sa vie personnelle à son cinéma, de son style à la fois grave et sensuel. La conversation fut riche et amicale. Mais un malin génie a voulu que la cassette de l'entretien s'avère inaudible. Les seules traces qu'il me reste de cette première conversation sont mes souvenirs.
Sept ans plus tard, j'aimerais réparer ce coup du sort en proposant à Naomi Kawase une nouvelle conversation qui prendra cette fois-ci la forme d'un film.

Nichijô
Kawase est la réalisatrice du nichijô, la célébration du quotidien. Elle aime poser son regard sur des objets ordinaires, fixer les instants insignifiants de la vie pour en garder l'empreinte.
C'est dans cet esprit que je voudrais construire mon film : en le structurant autour de sept séquences, chacune consacrée à un élément du quotidien de la vie au Japon. Chacun de ces objets, grâce à sa fonction ou à sa valeur symbolique, portera un questionnement qui nous éclairera sur le rapport qu'entretient Naomi Kawase au cinéma. Par exemple : une ema, petite planchette que l'on trouve souvent dans les temples shinto au Japon et sur laquelle on inscrit un v½u, sera le point de départ d'une réflexion autour de la notion d'accident, de hasard qui offre parfois des instants de grâce au cinéma documentaire. Or Naomi Kawase mêle étroitement sa vie à l'écriture de ses films : quelle est la part de l'inattendu ? Quelle est celle qu'elle maîtrise ou scénarise ?

Mettre en scène la parole
Réagir à un objet concret et le relier à des préoccupations artistiques permet des réponses spontanées et originales. Les pensées de la cinéaste seront associées aux images de « l'objet emblématique » qui va se décliner en multiples variations…
Ainsi, l'ema qui évoque les thèmes de l'écriture et du destin va réapparaître sous différentes formes : prières en papier nouées aux arbres (mikuji), inscriptions sur les temples, mais aussi écritures plus banales : kangi imprimés sur le tissu à l'entrée d'un magasin, signes tatoués à même la peau…
De manière fragmentée et partielle, je restituerai ainsi mon aperçu de la « culture populaire » japonaise : une multiplicité de « petites chose vues » de façon fugace et passagère.

Les scènes d'effacement
A côté de ces éléments graphiques, des petites scènes quotidiennes saisies de façon impromptue porteront sur le thème de l'effacement, une notion qui se trouve au c½ur du cinéma de Naomi Kawase.
Les objets emblématiques, les paroles de Naomi Kawase, et le travail du son stéréo tendront vers un même but : que les spectateurs (novices ou connaisseurs) découvrent avec bonheur quelques secondes des home movies graves et sincères de Naomi Kawase. Grâce à ces extraits, les spectateurs seront libres de se plonger dans cet univers sensible et poétique, une réalité délicate travaillée par la hantise de la disparition, de la fuite du temps et de tout ce qui, malgré tout, s'arrache à l'oubli.

Née en 1971, Lætitia Mikles a d'abord suivi des études de sociologie avant de se lancer dans la réalisation de films documentaires. En 2001 elle réalise son premier documentaire, Lucie va à l'école, qui décrit l'intégration scolaire d'une petite fille trisomique dans une école maternelle. Puis, avec De profundis (en collaboration avec Olivier Ciechelski), elle tente d'approcher un lieu inatteignable : une chartreuse engloutie au fond des eaux d'un lac du Jura. En 2003, elle filme la langue des signes tactile utilisée par les personnes sourdes-aveugles : Touchée. Cette année, elle a résidé sept mois à la Villa Kujoyama, une résidence d'artistes située à Kyoto. Son projet actuel est de réaliser un documentaire de création
sur le cinéma intimiste et sensuel de la cinéaste japonaise Naomi Kawase.



Mots-clés : conférence d'histoire de l'art, cours d'histoire de l'art moderne et contemporain, Service culturel du Jeu de Paume,
Inséré le : 19/10/2007 15:54