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Tendre, de Noir.

Soirée Synapse

Date : Lundi 21 janvier 2008 à 18h30

Source : Ecole supérieure d'Arts de Rueil Malmaison (http://www.earueil.com)
01 55 14 47 80 - synapse@earueil.com
3, rue du Prince Eugène, 92500 Rueil-Malmaison
Accès RER A, Grande Arche de la Défense, puis bus 258 direction Saint Germain-en-Laye. Arrêt le Château

Rubrique : 2007-2008

Raphaël BOCCANFUSO artiste

du 10/12/2007 00:00 au 21/01/2008 00:00
Salle : Ecole supérieure d'arts de Rueil-Malmaison
3 rue du prince Eugène
01 55 47 14 80
Ecole
RER A, station Rueil-Malmaison, puis bus 244 (arrêt G. Couturier) et 258 (arrêt Château).
Métro 1 / RER A, La Défence, puis bus 258 direction St Germain en Laye (arrêt Château)
Rueil-Malmaison 92500 France (Ile-de-France)




Texte : Tendre, de Noir.

>> Voir le site : http://www.earueil.com/raphael_boccanfuso/

Cher Stéphane Pichard,
Merci encore pour votre invitation à venir travailler dans le cadre de la résidence Synapse. C’est avec plaisir que durant un mois j’occuperai le logement mis à ma disposition et que je pourrai profiter, de jour comme de nuit, des locaux et des moyens techniques de l’Ecole supérieure d’arts.
Il est communément admis que l’artiste est à contre courant, ou bien est là où on ne l’attend pas, en terme "footballistique" on dirait qu’il pratique la tactique du contre-pied. De même que l’expression un flou artistique, cela ne correspond à rien et est issu d’une pensée prémâchée prise dans le cadre étroit du langage. Les artistes, à travers leurs ½uvres, quand ils ne sont pas trop émoussés par la Carrière, sont bien affilés, tranchants, pointus et nets. Un riff saignant de Bo Diddley, une ligne de MaÏakovski qui te perce le tympan, un coup de pinceau de Courbet qui fend la toile: c’est bien que le flou est ailleurs, de ton côté, celui du spectateur. Ajuste donc ta focale! Fais la mise au point ou change tes verres de contact ! Flou artistique : mon ½il!
Je serai moi aussi là où l’on ne m’attend pas, prêt à décaler le lieu de production et à m’attacher à l’espace de vie (l’appartement) plutôt qu’à l’espace de travail (l’atelier). Je fréquenterai donc peu le studio de post-production dédié au montage vidéo et son, ainsi qu’à Internet et à toutes les hybridations générées par ordinateur. Je vais me munir d’un simple clou et gratter mes murs, faire les plus élémentaires des dessins dans ma chambre à coucher. Me tenir à l’écart du monde et teindre ma chambre, la tendre de noir, pareille à celle de Louise de Lorraine, cloîtrée sous les toits du château de Chenonceau.
Je ferai officiellement don à la ville, propriétaire du lieu, de cette décoration murale. Cela implique que les résidents qui me succéderont devront vivre dans mes murs. Bien sûr, la municipalité peut refuser ce don. Au pied du mur, à elle de faire un choix.
Cellule, caveau, cachette, cachot froid ! Viens donc voir, cher Stéphane, dès 18h30 le jour de la lune, ce que les cicatrices de mes murs ont à te dire. Je t’attends, déjà.
Raphaël Boccanfuso
11 novembre 2007



Mots-clés : art contemporain, arts visuels
Inséré le : 06/12/2007 16:54